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260 Bd des Capucins

Limoilou, Québec

Territoires de mes états d'âme, 2023

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Cette exposition fait suite à Lève les yeux, regarde le ciel où je conviais les spectateurs à contempler le firmament et ses nuages, tandis qu’ici, tel un drone, nous regardons la terre. Cet ensemble de territoires irréels associés aux espaces verts, parcs et jardins semble être une réminiscence de notre monde. Telles des cartes routières, ces paysages tracés par des lignes et des couleurs vives deviennent des havres où je trouve refuge et je vis mes états d’âme liés au deuil maternel. Les couleurs éclatantes agissent comme contrepoint visuel soulignant mes tourments intérieurs et la complexité des émotions associées au deuil, notamment ces moments de joie et de souvenirs lumineux qui coexistent avec la douleur et la tristesse. Le vert symbole de vitalité persistante malgré la perte, s’estompe progressivement pour laisser place aux teintes jaunâtres, métaphore de l'intrusion de la maladie.

 

Tel un guide errant dans ces territoires intérieurs, je conduis le spectateur à travers des méandres et des espaces auguraux, des labyrinthes épineux et des sentiers larmoyants. La vue aérienne de ces lieux induit une incertitude, une imprécision qui brouille les frontières entre réalité et abstraction, défiant l’identification et la reconnaissance de ces sites naturels. Ces peintures offrent une introspection profonde sur les tourments causés par la perte d'un être cher tout en invitant à une réflexion sur notre rapport à la vie.

Dans cette recherche picturale, je travaille la superposition de glacis transparents, conférant ainsi à mes tableaux une profondeur évocatrice. Tel un abîme insaisissable, un lac abyssal où se mêlent les larmes, ces strates subtilement superposées abritent mes émotions les plus intimes, offrant un dédale où se perdre dans les replis de la mémoire et du ressenti. En outre, cette stratification évoque non seulement les différentes phases du deuil, mais également les phases de cicatrisation et de reconstruction.

 

Je m'abandonne à l'errance au sein de ces territoires picturaux, métaphore poignante de ma propre existence actuelle, dépourvue de la présence maternelle, source de réconfort et de conseils. Je me laisse submerger par les méandres de mes sentiments, jusqu'à égarer tout sens de la direction. Cette confusion spatiale reflète mes tourments intérieurs, la perte de repères, de buts, ainsi que la désorientation face à l'essence même de mes valeurs.

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Construction picturale II est une oeuvre réalisée avec différents tissus, matériaux et objets d'atelier faisant écho et opposition à ma première oeuvre d'assemblage du même nom réalisée lors de ma résidence artistique à Saint-Isidore-de-Clifton. Il s'agit d'une grille de barres d'armature en acier où des vêtements tachés, des tissus noircis, des rideaux désuets, des plastiques, des cartons, des ficelles et des cordes de toutes sortes sont déposés et attachés pour former un tableau et évoquer la picturalité. Les matériaux deviennent la matière colorée, les masses, les lignes et ils créent de la transparence et de la profondeur. Par son processus de réalisation, cette oeuvre fait écho à Construction picturale I, mais s'y oppose également, puisque ces matériaux sont, pour la plupart, industriels et non recyclables, tandis que les matériaux pour la première construction étaient tous naturels.

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Cette installation fait référence à l’exposition urbaine Les Fenêtres qui parlent auquel j'ai participé. Cette exposition collective se voulait un jumelage entre artistes et citoyens pour transformer les fenêtres et les balcons des maisons d’une rue en espace d’exposition artistique le temps d’un instant. Ce projet nous invitait à porter un regard nouveau sur l'espace urbain et à créer un espace de dialogue entre l'intérieur et l'extérieur, par l'entremise d'un contexte insolite d'exposition.

 

Le projet Corde à linge proposait la rencontre entre le banal et l’original, le commun et l’inusité. C’était un projet conceptuel rempli de dualités. Il était composé de serviettes et de torchons étendus sur une corde à linge afin de sécher, mais sans avoir été lavé. Ces morceaux de tissus sont usés, troués, tachés d’huile et de couleurs de peinture. Loin de l’idée habituelle que l’on a des vêtements propres et parfumés disposés sur une corde à linge. Il y a ici quelque chose d’étrange, d’inaccoutumé et qui nous interroge sur la propreté, aujourd’hui considérée comme valeur essentielle de la vie domestique.

 

Pour cette exposition, Le jardin de l’intime propose quelque chose de différent, malgré le même genre d'installation et de matériaux. Cette fois-ci, l'installation aborde le thème de l’intimité. Toujours transparent, je montre l’envers du décor, celui de mon atelier, par l’accrochage de mes outils personnels, mes morceaux de tissus et mes vêtements que je porte lors de la création. Se retrouver devant cette installation en tant que spectateur est en quelque sorte se retrouver dans la cour arrière d’une maison, ici, le local d'exposition situé à l’arrière de son atelier.

La séquence vidéo réfère à plusieurs éléments et propose plusieurs interprétations différentes. Elle est une analogie à l’origine de notre monde façonnant les continents, les territoires et les montagnes. Elle agit aussi pour moi comme une transcription émotionnelle lié aux souvenirs de mon deuil maternel. Par l’exploitation de couleurs saturées, je dévoile implicitement mes états d'âme lors de la création et réitère la présence de la maladie par des couleurs plus acidulées. Par ces explosions colorées, ces éclatements de poussière et ces lueurs de lumières, la vidéo abstraite nous permet aussi de faire le rapprochement sur mon exposition cosmique Un lieu sans étoile. La bande sonore stimule et dynamise le visionnement, apporte une dimension réelle aux effets numériques et permet une meilleure compréhension du vidéo. Des chants de baleines modifiés par distorsion et réverbération sont aussi intégrés à l'audio pour rappeler l'amour sincère entre une mère et son baleineau, et à l'inverse, une tristesse infinie lors de la mort de l'un d'eux.

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